L'histoire est aussi insolite que révoltante. Tatjana Maria, 38 ans, tenante du titre au Queen's Club après son sacre historique en 2025 qui avait fait d'elle la plus ancienne lauréate d'un WTA 500, a dû passer par les qualifications pour défendre sa couronne. La raison : les quatre wild cards du tournoi ont toutes été attribuées à des joueuses britanniques.
Katie Boulter, Francesca Jones, Harriet Dart et la jeune Mika Stojsavljevic, 17 ans, ont obtenu les précieuses invitations. Maria, 52e mondiale, n'a même pas été considérée. Une décision qui a provoqué une vague d'indignation sur les réseaux sociaux et dans le monde du tennis professionnel.
"En tant que championne, c'est dur pour moi. Je pensais mériter une wild card", a déclaré l'Allemande sans détour. "Ils me doivent du respect en tant que tenante du titre." Des mots forts, prononcés sans amertume mais avec la conviction d'une compétitrice qui refuse de se laisser marginaliser.
La réponse de Tatjana Maria sur le court a été à la hauteur de son caractère. En qualifications, elle a d'abord écarté la Britannique Yuriko Lily Miyazaki en trois sets avant de dominer Kamilla Rakhimova 6-4, 6-3 pour s'offrir une place dans le tableau principal. Un parcours du combattant indigne d'une championne en titre, mais que l'Allemande a traversé avec la sérénité d'une joueuse habituée à déjouer les obstacles.
Cette controverse pose une question plus large sur le traitement des champions en titre dans les tournois WTA. Si les fédérations nationales ont naturellement intérêt à promouvoir leurs joueuses locales, ignorer la tenante du titre envoie un signal troublant. Maria, mère de deux enfants et vétérane du circuit, n'a pas eu besoin de wild card pour prouver qu'elle méritait sa place. Le gazon londonien l'attend, et sa motivation n'en sera que décuplée.
