Quand Elina Svitolina a repris la compétition en avril 2023, six mois seulement après la naissance de sa fille Skaï, personne n'imaginait la suite. Trois ans plus tard, l'Ukrainienne de 31 ans vient de remporter son vingtième titre WTA, le plus prestigieux de sa carrière de maman, aux Internazionali BNL d'Italia.
Le parcours est aussi improbable qu'inspirant. De retour dans le top 100 fin 2023, Svitolina a grimpé méthodiquement. Titre à Auckland en janvier 2026, demi-finales à Dubaï et Indian Wells, puis ce sacre romain où elle a battu les numéros 2, 3 et 4 mondiales en l'espace de quatre jours. Son bilan 2026 parle de lui-même : 26 victoires pour 7 défaites, le cinquième meilleur ratio du circuit.
À 31 ans et 247 jours, elle pulvérise le record de longévité sur un tournoi WTA 1000. Trois titres à Rome : 2017, 2018, 2026. Huit ans séparent le deuxième du troisième, une éternité dans le tennis féminin où les générations se succèdent à un rythme effréné. Iga Swiatek avait 16 ans lors du premier sacre de Svitolina au Foro Italico. Coco Gauff en avait 13.
Ce qui impressionne chez Svitolina, c'est la transformation de son jeu. La version 2026 ne domine plus par la puissance ni par la vitesse. Elle étouffe ses adversaires par la profondeur, la constance et une lecture tactique chirurgicale. En finale contre Gauff, son taux de conversion sur balles de break (40%) a raconté l'histoire d'une joueuse qui saisit chaque opportunité avec la sérénité de la maturité.
Son mari Gaël Monfils, lui aussi toujours actif sur le circuit à 39 ans, partage cette vie entre couches, entraînements et vols transatlantiques. Le couple incarne une nouvelle réalité du tennis professionnel : la parentalité n'est plus un frein, mais un carburant.
Svitolina est désormais 8-0 en finales sur terre battue en carrière. Un sans-faute absolu. Roland-Garros commence dans une semaine, et la reine de Rome arrive à Paris avec la certitude que l'âge n'est qu'un chiffre quand le travail est au rendez-vous.

