Le classement WTA publié lundi 18 mai a officialisé un fait sans précédent dans l'histoire du tennis féminin. Sorana Cirstea, 36 ans, est devenue la plus vieille joueuse à faire ses débuts dans le Top 20, atteignant le 18e rang mondial après sa demi-finale à Rome.
Ce record était détenu depuis avril 2017 par Mirjana Lucic-Baroni, qui avait intégré le Top 20 à 35 ans. Cirstea repousse la limite d'un an, dans un contexte où la longévité au sommet du circuit devient de plus en plus remarquable.
La Roumaine avait frôlé cette barre symbolique à deux reprises. En 2013, puis en 2014, elle s'était hissée au 21e rang mondial avant de redescendre, frustrée par des blessures et une régularité capricieuse. Douze ans plus tard, le plafond de verre a cédé, porté par la meilleure saison de terre battue de sa carrière.
Son parcours romain a constitué le point culminant. Entrée dans le tableau en tant que 27e mondiale, Cirstea a enchaîné quatre victoires solides avant de céder en demi-finale face à Elina Svitolina, la future lauréate. En chemin, elle a affiché un tennis offensif construit autour d'un coup droit puissant et d'une lecture du jeu aiguisée par près de deux décennies de circuit.
Le cas Cirstea illustre une tendance de fond sur le circuit WTA. Venus Williams a joué jusqu'à 43 ans. Serena Williams s'est retirée à 41. Mais ces joueuses évoluaient déjà au sommet depuis leur adolescence. La singularité de Cirstea réside dans le fait qu'elle atteint son meilleur classement à un âge où la plupart de ses contemporaines ont pris leur retraite. Sa première apparition dans un tableau de Grand Chelem remonte à Roland-Garros 2005, quand Iga Swiatek avait quatre ans.
À Roland-Garros cette semaine, Cirstea se présente avec le statut officiel de 18e tête de série. Pour celle qui a disputé 20 éditions consécutives du tournoi parisien, l'enjeu dépasse le simple résultat sportif : prouver que la maturité et l'expérience restent des armes redoutables dans un sport qui célèbre la jeunesse.

