Vingt victoires consécutives en Masters 1000. Jannik Sinner est entré dans un club que seuls Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic avaient fréquenté avant lui. En battant Felix Auger-Aliassime 6-3, 6-4 en quarts de finale du Rolex Monte-Carlo Masters vendredi, l'Italien a franchi un cap symbolique qui confirme ce que les chiffres suggéraient depuis des mois : sa domination sur le circuit atteint des proportions historiques.
La série a débuté au Masters de Paris-Bercy fin 2025, où Sinner a soulevé le trophée sans perdre un set. Elle s'est prolongée à Indian Wells en mars, puis à Miami, deux titres consécutifs sur dur qui ont assis son autorité sur la saison. À Monte-Carlo, le numéro un mondial a changé de surface sans perdre son élan. Victoire expéditive contre Humbert (6-1, 6-2), résistance face à Machac (6-1, 6-7, 6-3), maîtrise froide contre Auger-Aliassime. Trois matchs, trois styles, un seul résultat.
Ce qui rend cette série remarquable, c'est sa transversalité. Nadal avait bâti ses séquences monumentales presque exclusivement sur terre battue. Djokovic, détenteur du record absolu avec 31 victoires d'affilée en Masters 1000, avait construit sa plus longue série sur dur. Sinner, lui, enchaîne sur les deux surfaces avec la même aisance apparente. Paris (indoor), Indian Wells (dur), Miami (dur), Monte-Carlo (terre battue) : quatre tournois, quatre contextes radicalement différents, et pas la moindre défaite.
Un autre chiffre illustre l'ampleur de sa domination. Avant que Tomas Machac ne lui arrache le deuxième set en huitièmes à Monte-Carlo, Sinner avait remporté 37 sets consécutifs en Masters 1000, un record inédit dans l'ère Open. Cette séquence, entamée au premier tour de Paris-Bercy, représente l'équivalent de douze matchs complets sans concéder le moindre set. Du jamais vu à ce niveau de compétition.
Contre Auger-Aliassime vendredi, Sinner a affiché le visage d'un joueur en contrôle total. Quatre balles de break converties sur sept, un pourcentage de points gagnés derrière sa première balle supérieur à 80 %, et surtout cette capacité à accélérer dans les moments décisifs qui caractérise les champions au sommet. Le Canadien, pourtant sixième tête de série, n'a jamais été en mesure de bousculer le rythme imposé par l'Italien.
L'objectif immédiat est maintenant de prolonger cette série face à en demi-finale samedi. L'Allemand, malgré sept défaites consécutives face à Sinner, possède les armes pour perturber la mécanique italienne. Mais à vingt victoires d'affilée, Sinner n'est plus seulement le favori : il est en train de graver son nom aux côtés des légendes qui ont redéfini les limites du possible en Masters 1000.



