Jannik Sinner n'a jamais été aussi proche de l'immortalité tennistique. En remportant cinq titres Masters 1000 consécutifs, de Paris à Madrid en passant par Indian Wells, Miami et Monte-Carlo, l'Italien a réalisé un exploit que personne n'avait accompli avant lui. Il ne lui manque qu'un seul trophée pour compléter le Career Golden Masters, devenant le deuxième joueur de l'histoire après Novak Djokovic à remporter les neuf tournois de la catégorie : Rome, sa maison.
Le chiffre est vertigineux. Huit des neuf Masters 1000 figurent dans son palmarès. Le Foro Italico reste la seule forteresse à conquérir, un paradoxe pour celui qui n'a jamais remporté le tournoi le plus proche de chez lui. Finaliste en 2025, battu par Carlos Alcaraz, Sinner sait que l'opportunité est immense, d'autant plus que l'Espagnol est absent cette année, contraint au forfait par une blessure au poignet.
Le problème est physique. Depuis la mi-février, Sinner enchaîne les semaines de compétition sans répit. "J'ai beaucoup joué ces six dernières semaines, on finit par accumuler de la fatigue", a-t-il reconnu après Madrid. Le précédent Alcaraz fait froid dans le dos : l'Espagnol a enchaîné Monte-Carlo puis Barcelone avant de se blesser au poignet, un scénario que l'entourage de Sinner veut absolument éviter.
La tentation de lever le pied existe. Mais jouer devant le public italien, dans la Ville éternelle, avec la possibilité d'écrire l'un des plus beaux chapitres de sa carrière : l'équation est impossible à résoudre pour un compétiteur de cette trempe. Sinner a choisi de jouer. Il ouvrira contre Alex Michelsen ou Sebastian Ofner, avec un tableau qui pourrait l'emmener vers Djokovic en demi-finale.
Le Foro Italico a la mémoire longue. Ici, Sinner a grandi devant les yeux du public, passant du jeune espoir au numéro un mondial. Compléter le Career Golden Masters sur cette terre battue, devant ce public, serait un moment fondateur pour le tennis italien. Le prix à payer pourrait être élevé, mais le rêve, lui, n'a pas de prix.



