Le numéro un mondial Jannik Sinner n'exclut plus de boycotter Roland-Garros. À quelques semaines du Grand Chelem parisien, l'Italien a pris position publiquement dans le conflit qui oppose les joueurs aux organisateurs du tournoi sur le partage des revenus.
"C'est plus une question de respect, vous savez ? Parce que je pense que nous donnons bien plus que ce que nous recevons en retour. Ce n'est pas seulement pour les joueurs du top, c'est pour nous tous," a déclaré Sinner en conférence de presse à Rome, où il dispute actuellement les Internazionali BNL d'Italia.
Le malaise couve depuis mars 2025, quand vingt joueurs et joueuses du circuit, parmi les plus influents, ont adressé une lettre commune aux dirigeants des quatre tournois du Grand Chelem pour réclamer une meilleure redistribution des revenus. Plus d'un an après, cette lettre est restée sans réponse, et la frustration a atteint un point critique.
Les chiffres alimentent la colère. Roland-Garros a généré 395 millions d'euros de revenus en 2025, soit une hausse de 14 % sur un an. La dotation a bien augmenté de 9,5 % pour atteindre 61,7 millions d'euros en 2026, mais la part réservée aux joueurs a en réalité reculé : de 15,5 % des revenus totaux en 2024 à environ 14,9 % cette année. Les joueurs réclament 22 %, un seuil qu'ils jugent équitable au regard de leur contribution au spectacle.
Sinner n'est pas seul dans cette fronde. Aryna Sabalenka, numéro une mondiale chez les femmes, a exprimé son soutien en début de semaine. Coco Gauff, tenante du titre à Paris, a été encore plus directe en appelant ouvertement au boycott.
La menace est crédible. Un Roland-Garros privé de Sinner, Sabalenka et Gauff perdrait trois de ses têtes d'affiche, un scénario catastrophe pour les organisateurs déjà privés de Carlos Alcaraz, forfait pour blessure au poignet. Le tournoi débute le 24 mai : il reste deux semaines aux parties pour trouver un terrain d'entente.



