Trente-sept. C'est le nombre de sets consécutifs remportés par Jannik Sinner en Masters 1000 entre octobre 2025 et avril 2026, une séquence qui pulvérise tous les records de l'ère moderne du tennis masculin. Cette série, interrompue par Tomas Machac au troisième tour de Monte-Carlo, mérite qu'on s'y attarde tant elle raconte la domination sans faille de l'Italien sur le circuit cette saison.
Tout commence au Rolex Paris Masters en octobre 2025. Sinner décroche le titre sans perdre un seul set, balayant chaque adversaire avec une autorité tranquille. Le schéma se répète à Indian Wells en mars 2026, puis à Miami dans la foulée. Trois tournois, dix-sept matchs, trente-quatre sets gagnés, zéro set perdu. Les chiffres donnent le vertige.
À Monte-Carlo, la machine continue de tourner. Deux victoires en deux sets, un troisième set remporté contre Machac avant que le Tchèque ne parvienne enfin à briser la série dans le deuxième set de leur huitième de finale (6-4 pour Machac). Sinner finira par remporter le match et le tournoi, mais la statistique était tombée : trente-sept sets consécutifs sans en perdre un seul en Masters 1000.
Pour mesurer l'ampleur de l'exploit, il faut regarder ce que les géants du jeu ont accompli avant lui. Novak Djokovic, le roi incontesté des Masters 1000 avec ses quarante titres, détenait le précédent record avec une série de trente sets consécutifs. Rafael Nadal, sur sa terre battue de prédilection, n'avait jamais dépassé vingt-huit. Roger Federer plafonnait à vingt-cinq. Sinner n'a pas simplement battu le record, il l'a explosé de sept sets.
Ce qui rend cette performance encore plus remarquable, c'est sa dimension transsurface. Nadal avait construit ses meilleures séries sur la terre battue, Federer sur les surfaces rapides. Sinner, lui, a enchaîné sur dur indoor (Paris), dur outdoor (Indian Wells, Miami) et terre battue (Monte-Carlo). Cette polyvalence témoigne d'un niveau de jeu qui ne dépend plus des conditions extérieures.
La série s'inscrit dans un contexte plus large. Sinner totalise désormais quatre titres Masters 1000 consécutifs, un exploit que seuls Djokovic et Nadal avaient réalisé avant lui. Avec vingt-deux victoires de rang dans la catégorie, l'Italien se rapproche de la sixième plus longue série de l'histoire de ces tournois.
Les clés de cette domination ? Un service de plus en plus régulier, un revers à deux mains qui ne rate pratiquement plus rien, et surtout une gestion des moments importants devenue exemplaire. Les statistiques en tie-break sont éloquentes : Sinner en a remporté cinq sur six pendant sa série, dont des tie-breaks décisifs contre et .
La question posée par cette série dépasse la simple statistique. Elle interroge sur la capacité de Sinner à maintenir ce niveau sur l'ensemble de la saison sur terre battue, avec Madrid et Roland-Garros en ligne de mire. Si l'Italien reproduit ne serait-ce que la moitié de cette régularité sur les prochaines semaines, la concurrence aura bien du mal à l'empêcher de soulever la Coupe des Mousquetaires.


