Aryna Sabalenka a pris la parole vendredi depuis les installations de Roland-Garros, et ses mots ont oscillé entre prudence et détermination. La numéro un mondiale, tête de série du tournoi, gère encore les séquelles d'une douleur à l'épaule contractée lors du Masters 1000 de Rome.
La Biélorusse, finaliste l'an dernier à Paris, n'a pas caché que sa préparation avait été perturbée. "Les derniers jours ont été un exercice d'adaptation", a-t-elle expliqué en conférence de presse. "Je ne suis pas à 100 %, mais je suis à Roland-Garros et je suis prête à me battre." Un discours qui rappelle sa capacité à performer sous contrainte, elle qui avait remporté l'Open d'Australie 2024 malgré une blessure au dos.
Fait marquant de cette veille de tournoi, Sabalenka a évoqué ses séances d'entraînement partagées avec ses principales rivales. "La communication est essentielle", a-t-elle souligné. "On s'entraîne côte à côte avec des joueuses qu'on affrontera peut-être en demi-finale. Il faut savoir quoi montrer et quoi garder pour soi." Une déclaration qui éclaire la réalité du circuit féminin, où les joueuses partagent les mêmes créneaux d'entraînement dans les tournois du Grand Chelem.
Son parcours à Roland-Garros reste celui d'une joueuse en quête du dernier titre majeur qui lui manque. Triple lauréate de l'Open d'Australie, Sabalenka n'a encore jamais soulevé la Coupe Suzanne-Lenglen. Sa défaite en finale 2025 face à Iga Swiatek reste un souvenir douloureux, et la Polonaise, quadruple championne à Paris, sera de nouveau sur sa route dans la moitié basse du tableau.
Le tirage place Sabalenka dans la même moitié que Coco Gauff, tenante du titre et quatrième tête de série. Une demi-finale projetée entre les deux joueuses constituerait l'un des chocs les plus attendus du tournoi. Gauff, fraîchement battue par Elina Svitolina en finale de Rome, arrive avec un bilan contrasté sur terre battue cette saison.
Sabalenka ouvrira son tournoi dimanche contre une qualifiée. Si sa blessure le permet, ses ambitions restent intactes. La dernière joueuse à avoir gagné Roland-Garros en gérant une blessure importante était Justine Hénin en 2007. La comparaison flatte, mais Sabalenka a prouvé à maintes reprises qu'elle pouvait transformer l'adversité en carburant.


