Casper Ruud a livré l'un des matchs les plus étranges de ce début de Roland-Garros. Vainqueur de Roman Safiullin 6-2, 7-6, 5-7, 0-6, 6-2 en trois heures et cinquante-six minutes, le Norvégien a traversé toutes les émotions, du contrôle absolu au bord de l'abandon.
Tout avait pourtant bien commencé. Ruud, tête de série, dominait les débats sous une chaleur écrasante, la température sur le court atteignant 33°C. Après avoir remporté les deux premiers sets avec autorité, le double finaliste de Roland-Garros semblait se diriger vers une victoire expéditive.
Puis le corps a lâché. À 5-3 dans le troisième set, les crampes se sont transformées en véritable coup de chaleur. Le Norvégien a décrit la scène sans détour : "Je marchais comme un zombie, je n'arrivais plus à voir la balle." Onze jeux consécutifs perdus, un troisième set abandonné et un quatrième set concédé 6-0. Le public du court Philippe-Chatrier retenait son souffle.
La pause vestiaires entre le quatrième et le cinquième set a tout changé. Quinze minutes loin du court, le temps de se réhydrater et de retrouver un minimum de lucidité. "J'aurais préféré perdre 6-0, 6-0 plutôt que d'abandonner", a confié Ruud en conférence de presse, résumant l'état d'esprit qui l'a porté dans le set décisif.
Le cinquième set a appartenu à un autre joueur. Les jambes étaient revenues, le coup droit avait retrouvé sa profondeur. Ruud a breaké d'entrée et n'a plus regardé derrière lui, concluant sur un 6-2 libérateur. Safiullin, qui avait senti la victoire à portée de main, n'a rien pu faire face à cette résurrection.
Pour Ruud, ce premier tour ressemble déjà à une victoire en soi. Le Norvégien, qui avait atteint la finale à Paris en 2022 et 2023, sait que les parcours marquants commencent parfois par des matchs impossibles. Il affrontera un adversaire autrement plus frais au deuxième tour.


