L'Open d'Italie 2026 restera dans les mémoires pour ses exploits sportifs, mais aussi pour une polémique de plus en plus bruyante : les horaires de jeu imposés aux joueurs. Jannik Sinner, le numéro un mondial, a doublé la mise cette semaine en critiquant ouvertement les finitions tardives au Foro Italico.
Le cas le plus emblématique reste le quart de finale entre Luciano Darderi et Rafael Jodar, achevé à 2h02 du matin. Trois heures et huit minutes de combat, une interruption de dix-huit minutes causée par la fumée du Stadio Olimpico voisin où se jouait la finale de la Coppa Italia, et des tribunes presque vides pour la conclusion du match. Un spectacle qui pose la question du respect des athlètes.
Sinner lui-même a vu sa demi-finale contre Daniil Medvedev interrompue par la pluie en soirée, le forçant à revenir le lendemain pour conclure un match commencé la veille. "Ce n'est pas normal de jouer aussi tard. On demande aux joueurs de performer au plus haut niveau, mais on ne leur donne pas les conditions pour le faire", a-t-il déclaré. Ses propos ont trouvé un écho auprès de plusieurs collègues du circuit.
Le problème n'est pas nouveau. Roland-Garros avait ajouté des sessions de nuit à partir de 2021 sous l'impulsion d'Amazon Prime Video, provoquant déjà des débats. Mais à Rome, il ne s'agit pas de sessions programmées : ce sont des retards accumulés au fil de la journée, amplifiés par la météo capricieuse, qui poussent les derniers matchs bien au-delà de minuit.
Les organisateurs de tournois se retrouvent pris entre deux feux. D'un côté, les diffuseurs exigent du contenu en prime time. De l'autre, les joueurs réclament des conditions de jeu décentes et un temps de récupération suffisant entre les matchs. Le Conseil des joueurs de l'ATP a inscrit la question des horaires à l'ordre du jour de sa prochaine réunion.
À deux semaines de Roland-Garros, le débat prend une dimension particulière. Le Grand Chelem parisien, avec ses sessions de jour et de nuit désormais bien établies, devra montrer qu'il est possible de concilier les exigences télévisuelles et le bien-être des joueurs. L'exemple romain prouve que l'équilibre est loin d'être trouvé.


