Il y a dix-huit mois, Rafael Jodar pointait au 895e rang mondial. Aujourd'hui, le jeune Espagnol de 19 ans est 34e à l'ATP et sera tête de série à Roland-Garros. Une ascension fulgurante qui rappelle les plus belles histoires du tennis ibérique.
Né à Madrid, fils d'un ancien basketteur devenu professeur de sport, Jodar a quitté l'Université de Virginie après un seul semestre pour se lancer sur le circuit professionnel fin 2025. Le pari était audacieux. Il s'est avéré visionnaire. Trois titres Challenger en 2025, puis un premier trophée ATP à Marrakech sur terre battue en début de saison : la machine était lancée.
La suite a dépassé toutes les attentes. Quart de finale à Barcelone, puis à Madrid où il a tenu tête à Jannik Sinner avant de s'incliner. Le numéro un mondial a salué sa performance d'un sobre « Quel joueur ! » sur les réseaux sociaux. À Rome, Jodar est devenu le premier teenager à atteindre les quarts de finale du Masters 1000 italien depuis un certain Novak Djokovic en 2007.
Du haut de son mètre 93, Jodar impressionne par sa mobilité et la puissance de son revers long de ligne. Son service, déjà redoutable, et sa capacité à prendre la balle tôt en font un joueur taillé pour les grandes surfaces. Marion Bartoli estime qu'il pourrait intégrer le top 10 d'ici deux ans.
Avec le forfait de Carlos Alcaraz, blessé au poignet droit, Jodar hérite d'un rôle inattendu : celui du nouvel espoir espagnol à Paris. Son idole ? Rafael Nadal, qu'il cite comme source d'inspiration depuis l'enfance. Le parallèle est tentant, même si Jodar préfère tracer sa propre route.
Son père, qui l'accompagne seul sur le circuit en tant que coach, pourrait bientôt être rejoint par un préparateur physique. Les experts s'accordent sur un point : l'endurance dans les longs échanges reste le chantier principal du jeune Madrilène. Mais à 19 ans, avec déjà un titre ATP et un classement parmi les 35 premiers mondiaux, Jodar a tout le temps de progresser.
La question n'est plus de savoir s'il percera, mais jusqu'où il ira à Roland-Garros.
