Emma Raducanu a quitté prématurément une séance d'entraînement au All England Club ce samedi, alimentant les doutes sur sa condition physique à 48 heures de son entrée en lice à Wimbledon. La numéro un britannique, programmée sur le Court numéro 1 pour le premier lundi, n'a pas communiqué sur la nature exacte du problème.
L'alerte intervient dans un contexte déjà tendu. La semaine dernière au Queen's Club, Raducanu a subi une défaite cinglante en finale face à Donna Vekić, 6-0, 7-6(6). Le premier set, expédié en moins de trente minutes par la Croate, avait mis en lumière un manque de rythme criant chez la Britannique. Le second set, plus disputé, a montré des éclairs du talent de la championne de l'US Open 2021, mais pas assez pour inverser la dynamique.
Le corps de Raducanu raconte une histoire que la joueuse de 23 ans préférerait ne pas entendre. Depuis son sacre surprise à Flushing Meadows en 2021, les pépins physiques se sont succédé avec une régularité alarmante. La saison 2025 s'est achevée prématurément en octobre, écourtée par une maladie et des douleurs dorsales récurrentes. Le travail avec son préparateur physique Yutaka Nakamura, entamé en décembre 2024, visait justement à construire un corps capable de tenir une saison complète.
La question n'est pas de savoir si Raducanu jouera lundi. Elle jouera. Classée 31e mondiale, portée par un public britannique qui lui voue une affection particulière, elle n'envisage pas de manquer Wimbledon. La vraie question est de savoir dans quel état physique elle se présentera sur le gazon londonien.
Son jeu, quand le corps suit, reste un atout redoutable sur herbe. Son revers à deux mains, qualifié de "classe mondiale" par Anne Keothavong, gagne en efficacité sur surface rapide. Son service, capable de pointer à 177 km/h, peut lui offrir des jeux blancs décisifs. Mais ces armes ne fonctionnent qu'à plein régime, et la moindre gêne physique prive Raducanu de l'explosivité qui fait sa force.
Le All England Club sera acquis à sa cause. Le public de Wimbledon n'a pas oublié le parcours de la jeune Britannique, qualifiée à 18 ans pour les huitièmes de finale en 2021 avant d'abandonner sur crise respiratoire. Cette fragilité fait partie de son histoire, mais à 23 ans, Raducanu a besoin de montrer qu'elle peut transformer le potentiel en résultats réguliers. Wimbledon, terrain de toutes les émotions, sera le théâtre de cette démonstration, ou de ses limites.


