Anastasia Potapova ne s'arrête plus. La Russe a écarté Karolina Pliskova 6-1, 6-7, 6-3 en un peu moins de deux heures pour se qualifier en demi-finale du Mutua Madrid Open. Repêchée des qualifications en tant que lucky loser, la 56e joueuse mondiale écrit un chapitre sans précédent dans l'histoire du tournoi madrilène.
Aucune lucky loser n'avait atteint les demi-finales à Madrid depuis la création de l'épreuve féminine. Avant ce mercredi, aucune n'avait même franchi le cap des quarts de finale. Potapova a pulvérisé les deux barrières en huit jours, éliminant au passage Jelena Ostapenko et Elena Rybakina, numéro deux mondiale, avant de régler le compte de la Tchèque.
Le premier set a été une démonstration. Potapova a étouffé Pliskova dès l'entame, prenant le contrôle des échanges avec une agressivité maîtrisée. 6-1 en trente-deux minutes, sans la moindre balle de break concédée. La Russe frappait chaque balle avec conviction, dictant le tempo depuis le fond de court.
Pliskova a répondu dans le deuxième set avec le sang-froid qui caractérise les anciennes numéro un mondiales. Le tie-break a viré au spectacle. Cinquante-cinq minutes pour cette seule manche, trois balles de match sauvées par la Tchèque dans le jeu décisif. Pliskova a arraché le set au culot, refusant de capituler face à la marée russe.
Mais le troisième set a confirmé la tendance du tournoi : Potapova possède un réservoir physique que ses adversaires sous-estiment. La Russe a breaké d'entrée, puis a géré son avance avec lucidité. Pliskova, malgré un service puissant et régulier, n'a pas trouvé les ressources pour renverser une nouvelle fois la vapeur.
Depuis le début du tournoi, Potapova a remporté trois matchs en trois sets sur quatre disputés. Cette capacité à performer dans les moments chauds n'est pas un hasard. La Russe avait déjà montré cette résilience à Melbourne en janvier, atteignant les huitièmes de l'Open d'Australie.
En demi-finale, Potapova affrontera la gagnante du quart entre Marta Kostyuk et Linda Noskova. Peu importe l'adversaire, la Russe abordera cette demi-finale avec la liberté totale de celles qui n'ont rien à perdre. Et quand une joueuse sans pression enchaîne les victoires contre le gratin du circuit, le mot "conte de fées" n'est plus exagéré.
