Il y a un an, Jasmine Paolini mettait fin à quarante ans d'attente pour le tennis féminin italien en remportant les Internazionali BNL d'Italia devant son public. Sa victoire face à Coco Gauff en finale (6-4, 6-2) reste l'un des moments les plus vibrants de la saison 2025. Douze mois plus tard, la championne revient au Foro Italico dans un contexte bien différent.
Tête de série numéro 9 cette année, Paolini aborde la défense de son titre avec un bilan 2026 qui ne reflète pas son statut. Neuf victoires pour neuf défaites en matches WTA cette saison, des éliminations précoces à Stuttgart et Madrid sur la terre battue qu'elle affectionne : les signaux ne sont pas au vert. L'Italienne de 30 ans semble peiner à retrouver le niveau qui l'avait propulsée en finales de Roland-Garros et Wimbledon en 2024, puis au sommet romain en 2025.
Pourtant, il serait imprudent de sous-estimer Paolini sur ces courts. La médaillée d'or olympique en double, qui fête cette semaine sa centième semaine consécutive dans le top 10 mondial, a toujours montré une capacité à se transcender dans les grands rendez-vous. Son jeu offensif, construit autour d'un revers incisif et d'une lecture du jeu supérieure à la moyenne, trouve au Foro Italico un terrain d'expression idéal.
Le tableau romain se présente comme un défi de taille. Aryna Sabalenka, tête de série numéro 1, fait figure de grande favorite. Iga Swiatek, triple lauréate du tournoi, reste une menace permanente sur terre battue. Mais les forfaits de Kostyuk et Vondrousova pourraient ouvrir des opportunités dans un tableau allégé.
Rome a toujours su tirer le meilleur de Paolini. En 2024, elle atteignait les quarts de finale, révélant au grand public une joueuse que les initiés suivaient depuis longtemps. En 2025, portée par une vague d'émotion populaire, elle domina le tournoi sans perdre un set jusqu'en finale. La question n'est pas de savoir si Paolini possède le talent pour briller ici, mais si sa confiance, entamée par des mois de résultats en dents de scie, lui permettra de retrouver cette version d'elle-même.
À 30 ans, dans un sport qui ne pardonne pas les passages à vide, chaque retour au Foro Italico pourrait être le dernier en tant que favorite locale. Paolini le sait, et c'est peut-être cette conscience du temps qui passe qui rend son tennis si intense quand les tribunes romaines scandent son nom.



