Le chiffre parle de lui-même. Jasmine Paolini vient de boucler sa 100e semaine consécutive dans le top 10 du classement WTA, un cap qu'aucune joueuse italienne n'avait jamais atteint. Homme ou femme, personne en Italie n'avait connu une telle longévité au sommet du tennis mondial.
L'histoire a commencé le 10 juin 2024, au lendemain de sa première finale en Grand Slam à Roland-Garros. Paolini, alors 28 ans, faisait irruption dans le top 10 après une ascension fulgurante sur la terre battue parisienne. Cinq semaines plus tard, elle atteignait le top 5 grâce à une deuxième finale consécutive en Grand Slam, cette fois à Wimbledon. Son meilleur classement, 4e mondiale, est tombé en octobre 2024.
Depuis, la Toscane n'a plus quitté l'élite. Semaine après semaine, tournoi après tournoi, Paolini a maintenu un niveau de régularité remarquable. Elle a dépassé Sara Errani et ses 94 semaines, record italien féminin qui tenait depuis 2014. Avant Errani, Francesca Schiavone détenait 70 semaines, Flavia Pennetta 38, Roberta Vinci 29. Seules cinq Italiennes ont un jour figuré dans le top 10 WTA.
La consécration est venue à Rome en 2025, lorsque Paolini est devenue la première Italienne à remporter le titre au Foro Italico en quarante ans. Un triomphe à domicile qui a cimenté son statut d'icône du tennis italien.
Mais le sport ne s'arrête jamais. La défense de son titre romain s'est achevée prématurément face à Elise Mertens, qui l'a battue 4-6, 7-6(5), 6-3 après trois balles de match non converties par l'Italienne. Cette élimination devrait la faire sortir du top 10 après 101 semaines consécutives, un record qu'il sera difficile de battre pour la prochaine génération italienne.
Classée actuellement 8e mondiale, Paolini laisse une trace indélébile. Dans un pays qui a longtemps cherché une héritière de Schiavone, la Toscane a fait bien plus que prendre le relais : elle a repoussé les limites de ce qui semblait possible pour le tennis féminin italien.



