L'Open d'Australie 2026 restera gravé dans l'histoire du tennis. Carlos Alcaraz a réalisé l'impensable en devenant le plus jeune joueur de l'ère Open à compléter le Career Grand Slam, tandis qu'Elena Rybakina a mis fin au règne d'Aryna Sabalenka dans un final digne des plus grandes rencontres du circuit féminin.
Alcaraz, le plus jeune Career Grand Slam de l'histoire
La finale messieurs a tenu toutes ses promesses. Face à Novak Djokovic, à la recherche d'un 25e titre record en Grand Chelem, Carlos Alcaraz a livré une prestation de champion absolu. Après un premier set perdu 2-6 où le Serbe semblait intouchable, l'Espagnol a renversé la tendance avec une autorité stupéfiante. 6-2 dans le deuxième set, 6-3 dans le troisième, puis 7-5 dans un quatrième set tendu où Djokovic a refusé de céder sans se battre.
En trois heures et deux minutes, Alcaraz a pulvérisé un record qui tenait depuis 1938. Don Budge avait complété son Career Grand Slam juste avant ses 23 ans à Roland-Garros. Alcaraz l'a fait à 22 ans, sur le court central de Melbourne, dans un match où il a infligé à Djokovic sa première défaite en onze finales d'Open d'Australie.
Le chemin d'Alcaraz jusqu'à cette finale avait été semé d'embûches. Sa demi-finale contre Alexander Zverev restera dans les mémoires comme l'un des matches les plus longs de l'histoire du tournoi. Cinq heures et demie d'un combat acharné où les deux joueurs ont repoussé leurs limites physiques et mentales. Survivre à un tel marathon et trouver les ressources pour battre Djokovic deux jours plus tard témoigne d'une trempe exceptionnelle.
Djokovic a lui aussi livré un parcours remarquable. Sa demi-finale victorieuse contre Jannik Sinner, le tenant du titre, avait été un chef-d'oeuvre tactique. À 38 ans, battre le numéro deux mondial dans un match à enjeu prouvait que le Serbe restait capable de performances magistrales. La finale perdue contre Alcaraz n'efface pas cette réalité : Djokovic est toujours là, et son 25e titre n'est peut-être qu'une question de patience.
Rybakina brise le rêve de triplé de Sabalenka
La finale dames a offert un scénario tout aussi palpitant. , cinquième tête de série, a battu 6-4, 4-6, 6-4 en deux heures et dix-huit minutes sous le toit fermé de la Rod Laver Arena. Un match de haut vol qui a mis fin au rêve de triplé historique de la Biélorusse.
Rybakina a frappé 28 coups gagnants dans ce match, armée de son service redoutable et de frappes plates qui ont fait mal à Sabalenka dans les échanges. Le premier set, lancé par un break d'entrée de la Kazakhe, a donné le ton. À 4-3, menée sur son service, Rybakina a sauvé deux balles de break avec un sang-froid remarquable, dont un ace à 182 km/h qui a fait rugir le public.
Le deuxième set a vu Sabalenka retrouver son meilleur niveau, égalisant à une manche partout. Dans le set décisif, la numéro un mondiale a même mené 2-0 avant que Rybakina ne produise un tennis de très haute qualité pour renverser la situation. La victoire a été scellée par un ace sur balle de match, symbole d'une joueuse qui a trouvé la recette pour battre la meilleure du monde dans les moments les plus importants.
Pour Rybakina, ce titre représente une rédemption après sa défaite en finale de l'Open d'Australie 2023 contre cette même Sabalenka. Deuxième titre du Grand Chelem après Wimbledon 2022, il fait d'elle la sixième joueuse de l'ère Open à remporter ses deux premiers Majeurs sur gazon et surface dure. Première joueuse kazakhe à soulever le trophée Daphne Akhurst, Rybakina a conquis Melbourne avec un tennis offensif qui ne laisse aucun répit.
Les confirmations du tournoi
Au-delà des finales, cet Open d'Australie 2026 a confirmé plusieurs tendances. La rivalité Alcaraz-Sinner continue de structurer le tennis masculin, même si Djokovic s'invite régulièrement dans l'équation. La profondeur du tennis féminin, avec quatre joueuses capables de battre n'importe qui n'importe quand, promet des batailles épiques tout au long de la saison.
Sinner, malgré sa défaite en demi-finale contre Djokovic, quitte Melbourne avec la certitude qu'il reste un concurrent majeur. Son règne de 2025 n'était pas un feu de paille. Zverev, terrassé en demi-finale par Alcaraz après un match marathon, peut nourrir des regrets légitimes mais aussi la conviction que son niveau le place parmi les quatre meilleurs joueurs du monde.
Côté féminin, a atteint les quarts de finale avant de s'incliner face à Rybakina, confirmant que l'ancienne numéro un mondiale est en reconstruction. Coco Gauff continue sa progression avec un parcours solide qui augure bien pour la suite de la saison.
Melbourne a posé les bases de la saison 2026. Et quelles bases. Avec un Alcaraz désormais détenteur des quatre Majeurs, la question n'est plus de savoir s'il est le meilleur joueur du monde mais jusqu'où il peut repousser les limites de la grandeur.



