Lorenzo Musetti traverse la pire passe de sa carrière. Depuis son abandon en quart de finale de l'Open d'Australie face à Novak Djokovic, le 21 janvier dernier, l'Italien n'a plus gagné un seul match sur le circuit principal. Près de trois mois de disette pour un joueur qui pointait dans le top 15 mondial en début de saison. À Barcelone ce mardi face au jeune Espagnol Martin Landaluce, Musetti joue bien plus qu'un premier tour : il joue sa crédibilité.
Le fil de la descente est cruel dans sa régularité. À Melbourne, tout roulait. Musetti avait atteint les quarts avec un tennis fluide et créatif, avant qu'une blessure à la jambe ne le contraigne à quitter le court face à Djokovic. La blessure semblait bénigne. Elle ne l'était pas. À Indian Wells, l'Italien est revenu trop tôt et s'est incliné d'entrée face à Marton Fucsovics en deux sets secs. Une blessure au bras l'a ensuite empêché de disputer Miami. Et à Monte-Carlo, censé marquer le vrai retour sur sa surface de prédilection, Musetti a sombré au premier tour face à Valentin Vacherot, le qualifié monégasque (ATP Tour).
Le cas Musetti interpelle parce qu'il ne s'agit pas d'un simple passage à vide tennistique. Le corps ne suit plus. À 24 ans, l'Italien accumule les pépins physiques comme un vétéran en fin de parcours. La jambe à Melbourne, le bras à Miami, et entre les deux, une confiance qui s'érode match après match. Son jeu, fondé sur la variété et la prise de risques, exige une mobilité impeccable. Sans elle, les amorties tombent dans le filet, les revers slicés manquent de profondeur et les montées au filet deviennent des invitations au passing.
La statistique la plus parlante est peut-être celle-ci : Musetti n'a remporté que deux sets sur le circuit depuis fin janvier. Deux sets en quatre tournois. Pour un joueur de son calibre, c'est un signal d'alarme. Son classement, encore protégé par les points engrangés l'an dernier, va commencer à chuter sérieusement si les résultats ne reviennent pas rapidement. Madrid et Roland-Garros approchent, et ce sont précisément les tournois où Musetti peut briller, lui dont le revers à une main fait des ravages sur terre battue.
Le match contre Landaluce sera révélateur. L'Espagnol de 19 ans n'a pas encore l'expérience du top niveau, mais il possède l'insouciance de la jeunesse et un jeu taillé pour la terre battue ibérique. Si Musetti ne parvient pas à s'imposer ici, il sera difficile d'envisager un réveil avant Madrid. Et à Madrid, le tirage ne fera aucun cadeau.
La saison de terre battue offre une dernière fenêtre de tir à Musetti pour sauver son année 2026. L'Italien a montré par le passé qu'il pouvait enchaîner les résultats sur cette surface comme personne d'autre dans sa génération, hormis . Le talent est intact. Le physique, lui, doit enfin tenir la route.


