Gaël Monfils a toujours su transformer un court de tennis en scène de théâtre. Mercredi dernier, le Philippe-Chatrier lui a offert le plus beau des décors pour ses adieux. Lors d'un tournoi exhibition baptisé "Gaël and Friends", le Français de 39 ans a partagé le court avec Novak Djokovic, Jannik Sinner, Alexander Zverev, Stefanos Tsitsipas, Naomi Osaka, Maria Sakkari et sa propre épouse Elina Svitolina. C'est d'ailleurs le duo Monfils-Svitolina qui a remporté l'exhibition, un scénario que même Hollywood n'aurait pas osé écrire.
Dans les tribunes, Svitolina peinait à retenir ses larmes. Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet, compagnons de route d'une génération dorée du tennis français, étaient là aussi. "Je n'étais pas assez fort pour gagner un Grand Chelem", a lancé Monfils au public du Chatrier. "Mais j'ai peut-être gagné plus. J'ai gagné une carrière dont je suis fier."
Ces mots résument trente ans d'une histoire d'amour entre Monfils et Roland-Garros. Ancien sixième mondial, vainqueur de onze titres ATP, l'homme aux acrobaties impossibles et aux passings de génie a marqué le tennis français comme peu l'ont fait. Il avait annoncé sa retraite en octobre 2025, décidant de consacrer la saison 2026 à un tour d'adieu.
Lundi, il entrera sur le court pour affronter Hugo Gaston au premier tour, grâce à une wild card offerte par le tournoi. Un duel 100% français, entre le showman qui tire sa révérence et le magicien des amortis qui tente de relancer sa carrière. Monfils ne se fait pas d'illusions sur ses chances dans le tableau, mais il reste compétiteur : "Je veux encore jouer un, deux ou trois bons matchs."
Stan Wawrinka, champion 2015 et lui aussi en tournée d'adieu, a été honoré lors de la même cérémonie. Les deux vétérans incarnent la fin d'une époque, celle où la rivalité Federer-Nadal-Djokovic façonnait chaque tableau.
Quel que soit le résultat lundi, le Chatrier fera ce qu'il sait faire de mieux pour ses enfants : vibrer, chanter et pleurer. Monfils mérite chaque décibel.


