Dans dix-sept jours, Mirra Andreeva fêtera ses 18 ans. Elle est déjà dixième mondiale, titrée à Adelaide en janvier, en finale d'un WTA 500 à Linz, et considérée par une partie du circuit comme la future numéro un. Le parcours de la Russe, depuis ses débuts fracassants en 2023, ressemble à une accélération permanente que rien ne semble pouvoir freiner.
Tout a commencé à Roland-Garros en 2023, quand une gamine de 16 ans a battu la sixième mondiale Coco Gauff au deuxième tour, provoquant une onde de choc dans le vestiaire. Cette victoire n'était pas un coup de chance. Elle portait déjà les marques de ce qui fait la force d'Andreeva aujourd'hui : une lecture du jeu au-dessus de la moyenne, un calme déroutant dans les moments chauds, et une capacité à trouver les angles que d'autres ne voient même pas.
Depuis, chaque saison a apporté son lot de confirmations. En 2024, elle a atteint les demi-finales de Roland-Garros à 17 ans, devenant la plus jeune demi-finaliste en Grand Chelem depuis Martina Hingis en 1997. En 2025, elle s'est installée durablement dans le top 20 et a commencé à gagner régulièrement contre des joueuses du top 10. En 2026, elle a franchi un nouveau palier avec son titre à Adelaide et son entrée dans le top 10 mondial.
Ce qui distingue Andreeva de la plupart des jeunes joueuses qui émergent, c'est l'absence totale de phase de construction. Elle n'a jamais eu besoin de ce temps d'adaptation que la majorité des joueuses traversent entre 16 et 20 ans, cette période où les résultats oscillent entre des coups d'éclat et des sorties précoces. Chez elle, la courbe de progression est quasiment linéaire.
Son jeu est construit sur l'intelligence. Sa puissance n'est pas exceptionnelle, son service ne fait pas trembler les adversaires, mais sa capacité à varier les rythmes, à casser le tempo avec des amorties, à construire le point avec patience avant de frapper au bon moment est celle d'une joueuse bien plus expérimentée. Son revers à une main, rare sur le circuit féminin, lui confère une signature stylistique immédiatement reconnaissable et lui offre des angles que le revers à deux mains ne permet pas.
La saison sur terre battue européenne qui s'ouvre représente un terrain de jeu idéal pour Andreeva. Madrid, Rome, Roland-Garros : autant de tournois où son jeu de variation peut faire des dégâts considérables. À 18 ans, elle a le temps de son côté. Mais l'empressement avec lequel elle accumule les résultats donne le sentiment qu'elle ne veut pas attendre. Le top 5 est en ligne de mire, et la manière dont elle gère sa montée en puissance laisse penser qu'elle y parviendra plus vite que prévu.


