Marta Kostyuk savait en entrant sur le court que cette journée ne serait pas comme les autres. Quelques heures avant son premier tour à Roland-Garros, un missile russe a frappé un immeuble situé à cent mètres du domicile de ses parents à Kyiv. Les images de la façade éventrée ont circulé sur les réseaux sociaux pendant l'échauffement de l'Ukrainienne.
"Ce matin, à 100 mètres de la maison de mes parents, un missile a détruit un bâtiment. C'était un matin très difficile", a confié Kostyuk après sa victoire. "Je ne savais pas comment ce match allait se dérouler."
Et pourtant, la quinzième tête de série n'a rien laissé paraître sur le court. Face à Oksana Selekhmeteva, Kostyuk a livré une prestation maîtrisée pour s'imposer 6-2, 6-3 en à peine plus d'une heure. L'adversaire, paralysée par 13 doubles fautes et 39 fautes directes pour seulement 4 coups gagnants, n'a jamais trouvé la solution face à la solidité de l'Ukrainienne.
Cette victoire porte la série de Kostyuk sur terre battue à treize succès consécutifs, la plus longue de sa carrière à 23 ans. Un enchaînement entamé au WTA 250 de Rouen, poursuivi avec un premier titre en Masters 1000 à Madrid, avant ce Roland-Garros chargé d'émotion.
"Toutes mes pensées et tout mon cœur vont aux habitants de l'Ukraine aujourd'hui", a déclaré Kostyuk, les yeux rougis, au micro de la Porte d'Auteuil. Quatre ans après le début de l'invasion, le tennis reste son exutoire, et la terre battue parisienne son refuge.
Au deuxième tour, Kostyuk affrontera l'Américaine Katie Volynets, qui a écarté Clara Burel 6-3, 6-1. Une formalité sur le papier pour une joueuse qui semble intouchable sur cette surface.


