Douze matchs, douze victoires, zéro défaite. Marta Kostyuk n’a pas perdu un seul match sur terre battue cette saison. La statistique, brute, dit déjà beaucoup. Mais c’est la trajectoire qui la rend remarquable.
Il y a un an, l’Ukrainienne stagnait autour de la trentième place mondiale, capable de coups d’éclat isolés sans jamais enchaîner. Sa saison 2026 raconte une tout autre histoire. Après un début d’année solide sur dur, c’est sur l’ocre que Kostyuk a trouvé une autre dimension. En Billie Jean King Cup d’abord, puis à Rouen où elle a décroché le titre en battant Veronika Podrez en finale, un duel historique puisqu’il s’agissait de la première finale 100 % ukrainienne de l’histoire du circuit WTA.
Une semaine plus tard, Madrid. Tête de série numéro 26, Kostyuk ne figurait sur aucune liste de favorites. Elle a pourtant traversé le tableau en ne concédant qu’un seul set, contre Anastasia Potapova en demi-finale. Jessica Pegula a été balayée. Linda Noskova n’a pas trouvé la parade. Et en finale, Mirra Andreeva, huitième mondiale et elle-même en forme étincelante, s’est inclinée 6-3, 7-5.
Le premier set de cette finale a résumé la mécanique Kostyuk version terre battue : huit coups gagnants de coup droit contre trois au total pour Andreeva, 89 % de points gagnés sur première balle. Une maîtrise chirurgicale.
Son secret ? Le mot qu’elle a choisi après le sacre madrilène en dit long : régularité. Kostyuk ne cherche plus le coup spectaculaire à tout prix. Elle construit ses points, varie les angles, et surtout, elle ne lâche rien dans les moments charnières. À 5-5 dans le second set de la finale, menacée par deux balles de set, elle a servi deux aces consécutifs. Du sang-froid pur.
La comparaison avec s’impose naturellement. La Polonaise avait aligné vingt-trois victoires consécutives sur terre en 2024, entre Madrid et les Jeux Olympiques. Kostyuk n’en est qu’à douze, mais la dynamique est identique : une joueuse qui se découvre invincible sur une surface et qui bâtit une confiance match après match.
À vingt-trois ans, Kostyuk occupe désormais le quinzième rang mondial, son meilleur classement en carrière. Elle pointe au neuvième rang de la Race to Riyadh, ce qui la placerait aux WTA Finals pour la première fois. Cinq victoires contre le top 10 cette saison, autant que sur toute l’année 2024.
La route vers Roland-Garros passe maintenant par Rome. Et si Kostyuk maintient cette cadence sur l’ocre, la Porte d’Auteuil pourrait bien accueillir une nouvelle prétendante au titre. Le mot de la fin lui revient : « C’est le parcours qui compte, pas la destination. » Le parcours, justement, n’a jamais été aussi impressionnant.
