Le tennis japonais perd son plus grand ambassadeur. Kei Nishikori a annoncé le 1er mai que la saison 2026 serait sa dernière sur le circuit professionnel. À trente-six ans, le natif de Matsue tire sa révérence après vingt ans de carrière et un parcours qui a changé à jamais la place du Japon dans le tennis mondial.
« J'aurais aimé pouvoir continuer encore », a confié Nishikori dans un message empreint d'émotion. « J'ai tout donné. Et je suis véritablement heureux d'avoir emprunté ce chemin. » Des mots simples pour résumer un parcours hors norme.
Douze titres ATP, plus de 450 victoires sur le circuit, un prize money supérieur à vingt-six millions de dollars. Les chiffres racontent une carrière exceptionnelle, mais ils ne disent pas tout. Le moment fondateur reste cette quinzaine de septembre 2014, quand Nishikori est devenu le premier Japonais à atteindre une finale de Grand Chelem à l'US Open. En demi-finale, il avait écarté Novak Djokovic avant de s'incliner face à Marin Čilić. Ce jour-là, une génération entière de jeunes Japonais a commencé à croire que le sommet du tennis n'était pas réservé aux Européens et aux Américains.
Deux ans plus tard, aux Jeux Olympiques de Rio, Nishikori décrochait la médaille de bronze, offrant au Japon sa première breloque olympique en tennis depuis quatre-vingt-seize ans. Une performance qui a renforcé son statut de héros national.
Le corps, lui, n'a pas toujours suivi l'ambition. Hanche, poignet, dos, épaule, genoux : la liste des blessures qui ont jalonné sa seconde partie de carrière ressemble à un inventaire médical. Absent du circuit pendant près de deux ans entre 2021 et 2023, Nishikori est revenu avec une détermination intacte mais un classement en chute libre. Aujourd'hui 464e mondial, il joue ses derniers mois loin des projecteurs qui l'ont accompagné au sommet.
Naomi Osaka, sa compatriote, lui a rendu un hommage appuyé sur les réseaux sociaux : « Kei ne mesure pas à quel point il m'a inspirée. Quand j'étais plus jeune, je regardais chacun de ses matchs en espérant le voir gagner. C'est un honneur de l'avoir vu jouer. »
Les tournois que Nishikori choisira pour sa tournée d'adieu restent à déterminer. Mais où qu'il foule un court pour la dernière fois, l'ovation sera à la hauteur de l'empreinte laissée : celle d'un pionnier qui a ouvert la voie à tout le tennis asiatique.


