Il y a deux mois, Rafael Jódar pointait au-delà du top 100. Aujourd''hui, le voilà 34e mondial, 32e tête de série à Rome et objet de toutes les attentions sur le circuit ATP. À 19 ans, l''Espagnol vit une ascension fulgurante qui rappelle les plus belles éclosions du tennis ibérique.
Tout s''est accéléré à Madrid, sur ses terres. Jódar y a enchaîné victoire sur victoire jusqu''en quart de finale, éliminant au passage Alex de Minaur, 10e mondial, et le Brésilien Joao Fonseca. Il a fallu Jannik Sinner, le numéro un mondial en pleine quête de record, pour stopper sa course. Mais le mal était fait : le tennis avait trouvé un nouveau visage à suivre.
Ce qui frappe chez Jódar, c''est la maturité de son jeu pour un joueur de cet âge. Lorenzo Musetti, qui s''est entraîné avec lui à Barcelone, ne cache pas son admiration. "Quand je l''ai vu, j''ai dit wow, ce gars joue bien !", a confié l''Italien avant son propre premier tour romain. Musetti compare sa frappe à celle de Federico Cinà, mais avec une puissance supérieure, une balle plus lourde qui colle parfaitement à la terre battue.
Rome représente un nouveau test de taille pour le phénomène. Quatrième Masters 1000 de sa jeune carrière, le Foro Italico l''accueille comme 32e tête de série, un statut qui lui épargne le premier tour mais pas la pression. Son premier adversaire sera le vainqueur du duel entre Nuno Borges et un qualifié, un tirage abordable mais piégeux sur la terre romaine.
La trajectoire de Jódar s''inscrit dans le renouveau du tennis espagnol post-Nadal. Là où beaucoup attendaient un vide, le circuit découvre un talent brut qui, à 19 ans, a déjà le classement, le niveau et l''audace pour bousculer les hiérarchies. La question n''est plus de savoir s''il percera, mais jusqu''où il ira.


