C'est une saison de contrastes pour Jack Draper. Le Britannique de 24 ans débarque à Barcelone ce lundi en tant que huitième tête de série, avec un classement qui tourne autour de la quatorzième place mondiale, mais aussi avec un corps qui l'a trahi à plusieurs reprises depuis janvier. Absent de l'Open d'Australie pour une blessure au bras gauche, éliminé dès le premier tour à Miami par Reilly Opelka, forfait à Monte-Carlo pour protéger cette même articulation : Draper arrive sur la terre battue catalane avec plus de questions que de certitudes.
Son premier tour face à Tomas Martin Etcheverry donnera le ton. L'Argentin, redoutable terrien formé sur les courts de Buenos Aires, représente exactement le type d'adversaire qui peut rendre la vie impossible à un joueur de gazon et de dur comme Draper. Etcheverry construit ses points avec patience, varie les hauteurs de balle et utilise le lift comme une arme de destruction massive. Pour Draper, il faudra trouver le bon équilibre entre son jeu offensif naturel et l'adaptation nécessaire à une surface qui pardonne rarement la précipitation.
La terre battue reste le grand point d'interrogation de la carrière de Draper. Demi-finaliste de l'US Open 2024, il a prouvé qu'il pouvait rivaliser avec les meilleurs sur dur. Son service gaucher, qui dépasse régulièrement les 220 km/h, fait des ravages sur les surfaces rapides. Son revers à une main, fluide et puissant, est l'un des plus beaux du circuit. Mais sur terre, la vitesse du service diminue, le slice rebondit moins, et les échanges s'allongent. Draper doit apprendre à gagner des points après dix, quinze, vingt frappes, là où il préfère conclure en quatre ou cinq.
L'année dernière à Barcelone, il avait atteint le troisième tour avant de céder face à Alexander Zverev en trois sets. Un résultat encourageant, mais insuffisant pour un joueur de son talent. Le staff technique de Draper a travaillé spécifiquement sur sa mobilité latérale et sa capacité à glisser sur terre, deux aspects qui lui posaient problème par le passé.
Le tableau barcelonais lui offre une opportunité. Avec l'absence de Sinner, est le grand favori, mais le bas du tableau reste ouvert. affronte sur le même court, dans un duel de générations qui promet aussi son lot d'enseignements. Pour le tennis britannique, cette semaine catalane pourrait marquer un tournant.
Draper le sait : pour franchir un palier et intégrer durablement le top 10, il doit devenir compétitif sur terre battue. Les grands champions modernes — Sinner, Alcaraz, Djokovic avant eux — excellent sur toutes les surfaces. C'est le standard auquel Draper aspire. Barcelone est le premier chapitre de cette ambition.



