A dix-huit ans et quatre mois, Iva Jovic s'est installee dans le Top 20 mondial comme si elle y avait toujours appartenu. La jeune Americaine d'origine serbe ne cesse de bousculer les hierarchies etablies depuis son titre a Guadalajara en 2025, devenant alors la plus jeune championne WTA depuis Coco Gauff a Parme en 2021.
L'ascension fulgurante
La trajectoire de Jovic a de quoi donner le vertige. Classee au-dela de la centieme place mondiale debut 2025, elle a gravi les echelons a une vitesse que le circuit n'avait plus connue depuis l'emergence de Gauff elle-meme. Le titre a Guadalajara a ete le declencheur, mais c'est la regularite qui a suivi qui impressionne davantage. Demi-finale a Auckland, finale a Hobart, puis ce quart de finale a l'Open d'Australie qui a propulse son nom sur toutes les levres.
A Melbourne, Jovic a sorti Jasmine Paolini, huitieme mondiale et finaliste de Roland-Garros, avant de s'incliner face a Aryna Sabalenka, la patronne du tournoi. Devenir la plus jeune quart-finaliste de l'Open d'Australie depuis Venus Williams en 1998, a seulement dix-sept ans a l'epoque, place le parcours de l'Americaine dans une perspective historique que peu de joueuses de sa generation peuvent revendiquer.
Le modele Djokovic
Jovic ne cache pas ses inspirations. D'origine serbe par ses parents, elle a grandi en admirant Novak Djokovic et son approche scientifique du tennis. La precision chirurgicale, la capacite a lire le jeu adverse, la gestion des moments critiques sont autant de qualites que Jovic tente de transposer dans son propre jeu. Mais elle reconnait aussi vouloir apprendre d'autres grands champions, avec une ouverture d'esprit qui trahit une maturite rare pour son age.
Son style de jeu allie la puissance du tennis americain moderne a une intelligence tactique inhabituelle chez une joueuse aussi jeune. Son bilan de quatorze victoires pour cinq defaites en 2026 reflete cette dualite : elle sait gagner les matchs importants mais possede encore la fragilite de la jeunesse dans les duels serres.
Charleston, premier rendez-vous sur terre
Cette semaine a Charleston, Jovic decouvre le green clay americain dans un tableau WTA 500. Le debut a ete convaincant avec des victoires nettes, dont un 6-2 6-0 au deuxieme set contre Sofia Kenin. Mais la terre battue represente encore une terra incognita pour la jeune Americaine, qui a construit l'essentiel de ses resultats sur dur.
Son classement actuel, seizieme mondiale, lui assure le statut de tete de serie dans la plupart des tournois et une visibilite grandissante aupres des sponsors. Red Bull l'a deja integree a son ecurie d'athletes, un signe que l'industrie voit en elle un potentiel marketing aussi important que sportif.
La comparaison Gauff est inevitable
A chaque nouvelle performance, la question revient : Jovic peut-elle devenir la nouvelle Coco Gauff ? Les similitudes sont frappantes. Meme precocite, meme nationalite, meme capacite a briller sur les grandes scenes. Mais Jovic forge sa propre identite, avec un jeu plus base sur la precision que sur l'athletisme pur de Gauff.
La saison sur terre battue dira si la Californienne peut s'adapter aux surfaces lentes. Si elle y parvient, le Top 10 avant la fin de l'annee n'est pas un objectif deraisonnable. A dix-huit ans, le temps est son allie le plus precieux.


