Il y a deux ans, Ignacio Buse bataillait sur le circuit Challenger, loin des projecteurs. Ce dimanche, le Péruvien de 22 ans se réveille 31e mondial, champion d'un ATP 500, avec Roland-Garros devant lui. La trajectoire est fulgurante, mais elle s'écrit depuis longtemps.
Buse a grandi avec une raquette dans les mains. Littéralement. À deux ou trois ans, il tapait déjà des balles au Country Club de Villa, à Lima. Le tennis coule dans ses veines : son père Hans est ancien joueur et entraîneur, son grand-père Eduardo et son grand-oncle Enrique étaient eux aussi joueurs professionnels. Le stade Hermanos Buse, à Lima, porte d'ailleurs leur nom. Côté maternel, la famille n'est pas moins connue : sa mère Betty est née Acurio, ce qui fait d'Ignacio le neveu du célèbre chef Gaston Acurio, figure incontournable de la gastronomie péruvienne.
Le parcours sportif de Buse aurait pu prendre un autre chemin. Classé 9e junior mondial ITF, il avait accepté une bourse à l'Université de Géorgie, aux États-Unis. Mais le virus du circuit professionnel était trop fort. Il n'a jamais mis les pieds sur le campus et a choisi de s'installer à Barcelone, à la TEC Academy, sous la direction d'Albert Costa, ancien vainqueur de Roland-Garros 2002.
Ce choix a tout changé. Sous la houlette de Costa, Buse a structuré son jeu de terre battue. Sa progression sur les Challengers a été régulière, avant l'explosion à Hambourg cette semaine. Cinq victoires en huit jours, dont deux contre des têtes de série, pour un titre qui restera dans les mémoires du tennis péruvien.
Buse est le quatrième joueur de son pays à atteindre le Top 50, après Pablo Arraya, Jaime Yzaga et Luis Horna. Mais à 22 ans, il a le temps de viser bien plus haut. Son jeu, construit sur des échanges longs et une défense solide, s'adapte parfaitement à la terre battue. Sa capacité à rester lucide dans les moments de crise, comme lors de sa finale à Hambourg où il a surmonté des vertiges liés à la chaleur, témoigne d'une maturité rare pour son âge.
La suite commence dès cette semaine. Buse fera ses débuts dans le tableau principal d'un Grand Chelem à Roland-Garros, sur la terre battue qu'il a appris à dompter à Barcelone. Le Country Club de Villa semble bien loin.


