Il y a moins d'un an, Jack Draper occupait la quatrième place mondiale. Le Britannique de 24 ans semblait promis aux sommets du tennis masculin, porté par un revers dévastateur et une détermination sans faille. Aujourd'hui, il se bat contre son propre corps. Sa décision de renoncer à Madrid et à Rome, deux Masters 1000 consécutifs sur terre battue, plonge sa saison dans l'incertitude.
Tout s'est joué à Barcelone la semaine dernière. Face à Tomas Martin Etcheverry au premier tour, Draper a senti son genou céder. Mené 1-4 dans le troisième set, il a quitté le court, incapable de poursuivre. Le diagnostic : un tendon du genou aggravé, suffisamment sérieux pour compromettre toute sa campagne sur terre battue.
Les conséquences au classement sont vertigineuses. Madrid représente 650 points à défendre, Rome 200 de plus. Sans ces deux tournois, le total de Draper devrait passer de 1 610 à environ 760 points, le projetant potentiellement au-delà de la 70e place mondiale. Pour un joueur qui visait le top 5, c'est un séisme.
La trajectoire de Draper depuis un an ressemble à un roman cruel. Après avoir grimpé jusqu'à la quatrième place en juin dernier, le Britannique a vu son corps le trahir à répétition. Des pépins physiques qui interrompent chaque élan, des abandons qui remplacent les victoires. Sa saison 2026 se résume pour l'instant à une série de faux départs sur des surfaces qui devraient pourtant convenir à son jeu puissant.
Le message envoyé par Draper se veut rassurant. Le Britannique parle d'une blessure moins grave qu'il ne le craignait et se dit confiant pour être en forme à Roland-Garros, premier Grand Chelem sur terre battue, prévu fin mai. Mais les précédents invitent à la prudence. Chaque fois que Draper a annoncé un retour, un nouveau pépin l'a stoppé dans son élan.
La question qui se pose désormais dépasse le simple classement. Draper possède le talent pour figurer parmi les meilleurs du monde. Son service, son revers, sa capacité à dicter le jeu depuis le fond du court en font un adversaire redouté par tous. Mais le tennis de haut niveau ne pardonne pas les absences prolongées. À 24 ans, il reste du temps, mais la fenêtre n'est pas infinie.


