Le Foro Italico a vécu un séisme samedi soir. Sorana Cirstea, 36 ans et 26e joueuse mondiale, a éliminé Aryna Sabalenka, numéro 1 mondiale et tête de série n°1, en trois sets (2-6, 6-3, 7-5) au troisième tour de l'Open d'Italie. Une victoire qui restera comme l'un des moments forts de cette édition romaine.
La Roumaine, qui dispute sa dernière saison sur le circuit professionnel, a réalisé le plus bel exploit de sa carrière. C'est la première fois qu'elle bat une numéro 1 mondiale, et elle l'a fait de la plus spectaculaire des manières : en renversant un match qui semblait perdu.
Le premier set avait pourtant tourné à la démonstration. Sabalenka, agressive et précise, avait balayé Cirstea 6-2 en imposant son rythme. À 2-0 dans le deuxième set, tout semblait plié. Mais c'est à ce moment que le match a basculé.
Cirstea a opéré un virage tactique décisif. Elle a augmenté son pourcentage de premières balles, pris des risques calculés en retour et multiplié les frappes parallèles pour déstabiliser Sabalenka. La Biélorusse a commencé à perdre le fil, enchaînant les fautes directes et laissant transparaître sa frustration face aux conditions de jeu.
Le troisième set a offert un scénario haletant. Cirstea a breaké à plusieurs reprises, mais Sabalenka, malgré des douleurs musculaires qui ont nécessité une intervention médicale, a recollé à 5-5. Sur son service pour le match, Cirstea a trouvé ses premières balles dans les moments décisifs pour conclure à 7-5.
Cette défaite soulève des interrogations sur la forme de Sabalenka à trois semaines de Roland-Garros. Visiblement gênée physiquement, la numéro 1 mondiale n'a pas retrouvé la solidité qui fait sa force cette saison. Pour Cirstea, c'est une fin de carrière en apothéose : prouver qu'à 36 ans, sans la pression du classement, le tennis reste un sport d'audace et de courage.



