Vingt ans de circuit. Trente-six printemps. Une annonce de retraite en décembre dernier. Et pourtant, Sorana Cirstea n'a jamais été aussi vivante qu'en ce vendredi romain, lorsqu'elle a fait tomber la n°1 mondiale Aryna Sabalenka en trois sets (2-6, 6-3, 7-5) au troisième tour de l'Italian Open.
Ce résultat, spectaculaire en lui-même, prend une dimension historique quand on le replace dans le contexte d'une carrière entière. Avant Rome, Cirstea n'avait jamais battu une joueuse classée numéro un mondiale en six tentatives. Zéro victoire sur six. À 36 ans et 28 jours, elle devient la joueuse la plus âgée à réaliser cet exploit depuis la création du classement WTA en 1975.
La Roumaine a construit cette victoire sur sa capacité à absorber les coups et à rester lucide dans la tempête. Menée 6-2, 0-2 après un premier set dominé par Sabalenka, elle a progressivement trouvé son rythme. Le break à 3-2 dans le deuxième set a marqué le tournant du match, le moment précis où la vétérane a commencé à dicter les échanges.
Sabalenka a pris un temps mort médical à 4-3 dans le troisième set, allongée sur le dos pour se faire traiter le bas du dos et la jambe gauche. La Biélorusse n'a plus retrouvé son niveau après cette interruption. Cirstea a breaké trois fois dans le set décisif pour conclure 7-5.
Le parcours de Cirstea en 2026, sa dernière saison annoncée, est tout simplement remarquable. Un bilan de 25 victoires pour 7 défaites, un quatrième titre en carrière décroché à Cluj-Napoca en février, et un classement remonté jusqu'à la 27e place mondiale. "Je travaille très dur", a-t-elle confié après sa victoire sur le Campo Centrale. Des mots simples pour une performance qui ne l'est pas.
Sa trajectoire défie la logique du tennis moderne, où les carrières se raccourcissent et les corps lâchent de plus en plus tôt. Cirstea, elle, joue le meilleur tennis de sa vie au moment de dire au revoir. Son prochain défi à Rome : , la 13e tête de série, en huitièmes de finale. Le chapitre romain n'est pas encore terminé.


