Il y a un mois, Maja Chwalińska pointait au 114e rang mondial et devait passer par les qualifications pour espérer fouler la terre battue de Roland-Garros. Aujourd'hui, la Polonaise de 24 ans est 21e mondiale, finaliste de Grand Chelem et boursière de son propre gouvernement. La trajectoire défie la fiction.
Le ministère polonais des Sports a confirmé l'attribution d'une bourse mensuelle de 2 615 dollars, soit 31 380 dollars sur douze mois, le montant maximal prévu par la réglementation. Jakub Rutnicki, ministre des Sports, n'a pas caché son enthousiasme : "La détermination, la régularité et le travail peuvent mener au sommet, comme l'histoire de Maja Chwalińska le démontre."
Le soutien financier, bien que modeste comparé au 1,63 million de dollars empoché en prize money à Roland-Garros, porte une charge symbolique forte. Chwalińska a traversé des années difficiles, marquées par une dépression et un classement en chute libre. La bourse d'État officialise sa renaissance aux yeux de l'institution sportive polonaise et lui garantit un filet de sécurité pour les mois à venir.
Son parcours parisien reste l'un des faits marquants de la saison. Première qualifiée à atteindre la finale de Roland-Garros dans le tableau féminin, elle a engrangé 1 340 points au classement en moins d'un mois, propulsant sa carrière dans une autre dimension. Si la finale face à Andreeva s'est soldée par une défaite, l'élan est là.
Reste la question Wimbledon. Chwalińska était classée hors du top 100 à la date limite d'inscription du 18 mai, ce qui la contraint à passer par les qualifications ou à obtenir un wildcard. La décision du All England Club tombera le 17 juin. "Je ne m'attends à rien, mais je verrai bien. Je traiterai cela comme un défi. Le gazon, c'est toujours un changement agréable", a-t-elle confié, fidèle à son naturel décontracté.
Détail savoureux : entre deux matchs à Roland-Garros, Chwalińska recevait des grilles de mots croisés en cadeau, sa passion hors des courts. Un trait de caractère qui en dit long sur une joueuse que rien ne prédestinait à ce parcours, et que tout pousse désormais à continuer.



