Le tennis espagnol perd un autre de ses soldats. Roberto Bautista Agut a annoncé mercredi qu'il mettrait un terme à sa carrière professionnelle à l'issue de la saison 2026, après plus de deux décennies consacrées au circuit ATP.
« J'ai tout donné dans chaque entraînement et chaque match. Je sens que le moment est venu de commencer à dire au revoir », a déclaré le natif de Castellón de la Plana, qui a fêté ses 38 ans en début d'année. Des mots simples, à l'image d'un joueur qui n'a jamais cherché les projecteurs mais qui a marqué le tennis mondial par sa régularité et sa combativité.
Carlos Alcaraz et Jannik Sinner dominent aujourd'hui le circuit avec une intensité féroce. Mais pendant plus d'une décennie, c'est Bautista Agut qui incarnait la fiabilité espagnole, match après match, tournoi après tournoi. Douze titres ATP, un classement culminant au 9e rang mondial, 27 semaines dans le Top 10 et plus de 20 millions de dollars de prize money racontent l'ampleur d'une carrière bâtie sans éclats mais avec une constance remarquable.
Sa demi-finale à Wimbledon en 2019 reste le sommet de son parcours en Grand Chelem. Sur le gazon londonien, ce spécialiste du jeu à plat depuis la ligne de fond avait repoussé ses limites, avant de s'incliner face à Novak Djokovic. La même année, il brandissait la Coupe Davis aux côtés de Rafael Nadal, un titre collectif qui comptait énormément pour cet amoureux de l'Espagne.
Ce qui distinguait Bautista Agut de ses contemporains, c'était sa polyvalence. Rares sont les joueurs capables de revendiquer au moins un titre sur dur, terre battue, gazon et dur indoor. Son coup droit croisé, frappé à plat avec une précision chirurgicale, a fait souffrir les meilleurs durant des années. Pas le tennis le plus spectaculaire, mais redoutablement efficace.
Son annonce intervient dans un contexte symbolique pour le tennis espagnol. a raccroché fin 2024, soigne un poignet fragilisé après son forfait à Barcelone, et les jeunes pousses comme Daniel Jodar commencent à peine à émerger. Bautista Agut a promis d'honorer chaque tournoi restant jusqu'au dernier point, fidèle à sa philosophie du travail bien fait.
« Je veux dire au revoir sur le court, là où j'ai toujours été le plus heureux », a-t-il conclu (ATP Tour). Les tribunes espagnoles auront encore quelques mois pour saluer leur guerrier discret.


