Il y a six mois, Arthur Fils se remettait d'une fracture de stress au bas du dos qui l'avait éloigné des courts pendant plusieurs semaines. Aujourd'hui, le Français de 21 ans occupe la quatrième place à la Race to Turin et s'impose comme le joueur le plus en vue du circuit derrière Jannik Sinner.
Né à Bondoufle en Essonne, fils d'un ancien basketteur d'origine haïtienne et d'une mère discrète, Fils a grandi dans un univers sportif sans être prédestiné au tennis. C'est son père Jean-Philippe qui l'a initié à la raquette. Le talent s'est révélé très tôt : champion de Roland-Garros juniors en double en 2021, premier titre ATP à Lyon en 2023 à 19 ans, puis Hambourg et Tokyo pour confirmer la trajectoire.
La saison 2026 raconte une histoire de résilience. Le retour de blessure en début d'année a été progressif : quart de finale à Indian Wells, demi-finale à Miami, puis l'explosion à Barcelone fin avril. Sur la terre battue catalane, Fils a dominé Lorenzo Musetti, battu Andrey Rublev en finale et décroché son quatrième titre ATP. La semaine suivante à Madrid, il a enchaîné neuf victoires consécutives avant de tomber face à Jannik Sinner en demi-finale.
"Face à Sinner, j'ai compris que le grand tennis ne suffit pas", a confié Fils après sa défaite 6-3, 6-2 à Madrid. "Il faut être au-dessus du grand tennis." Une lucidité qui tranche avec l'arrogance parfois reprochée aux jeunes talents du circuit. Sous la houlette de Sébastien Grosjean, ancien numéro 4 mondial et ex-capitaine de Coupe Davis, Fils construit un jeu fondé sur l'agressivité en fond de court et une mobilité explosive.
Son style rappelle davantage Jo-Wilfried Tsonga que les artistes français traditionnels. Un coup droit dévastateur, un service puissant et une capacité à accélérer le jeu qui déstabilise les défenseurs. Sur terre battue, cette agressivité se conjugue avec une patience tactique acquise au fil des tournois.
Premier Français en demi-finale à Madrid depuis que le tournoi se joue sur terre (2009), Fils porte les espoirs d'un tennis tricolore en quête de renouveau depuis le déclin de la génération Tsonga-Gasquet-Monfils. À Rome, il est tête de série et pourrait retrouver Sinner en quarts de finale.


