La demi-finale la plus attendue du tableau masculin n'aura jamais eu lieu. Matteo Arnaldi, terrassé par un virus, a déclaré forfait quelques minutes avant d'entrer sur le Philippe-Chatrier, offrant à Flavio Cobolli une place en finale de Roland-Garros 2026 par walkover.
Arnaldi, 104e mondial, avait pourtant livré un parcours héroïque. Cinq victoires en cinq tours, 19 heures et 42 minutes passées sur le court : le temps de jeu le plus long pour atteindre une demi-finale de Grand Chelem depuis que l'ATP a commencé à mesurer cette donnée en 1991. Mais une nuit de fièvre et de vomissements a tout anéanti. « Je n'ai pas pu dormir du tout », a confié l'Italien à la presse, incapable de s'alimenter ou de tenir debout vendredi matin.
De l'autre côté du filet, Cobolli a appris la nouvelle une heure avant le match prévu. Le Romain de 24 ans, tête de série numéro 10, n'a pas caché son émotion : « Quand ils sont venus me voir il y a presque une heure, j'ai failli pleurer. C'est quelque chose qu'on n'attend pas. » Avant d'ajouter, avec une pensée pour son compatriote : « Matteo est une grande source d'inspiration pour nous tous. C'est un joueur extraordinaire, et en dehors du court, je pense qu'il est l'un des meilleurs. »
Cobolli disputera dimanche sa première finale de Grand Chelem face à Alexander Zverev, vainqueur de Jakub Menšík en quatre sets (7-5, 6-2, 3-6, 6-3). Le 14e mondial n'a perdu que deux sets en cinq matchs disputés à Paris et bénéficiera de trois jours de repos avant cette confrontation historique.
C'est la première fois depuis 2010 qu'un joueur atteint une finale de Grand Chelem par walkover. Pour Arnaldi, le rêve parisien s'achève dans la plus cruelle des manières, à quelques pas de la plus grande affiche de sa carrière.

