Carlos Alcaraz a lâché un aveu rare après sa victoire expéditive contre Sebastian Baez (6-1, 6-3) au deuxième tour du Rolex Monte-Carlo Masters. Interrogé sur la course au sommet du classement mondial avec Jannik Sinner, l'Espagnol n'a pas joué la carte de la langue de bois : « Je vais perdre la place de numéro 1 mondial à un moment. Je ne sais pas si ce sera dans ce tournoi ou le prochain » (selon ATP.com).
Cette déclaration, inhabituelle dans un sport où les champions cultivent rarement le doute en public, illustre la lucidité d'un joueur de 22 ans qui sait lire les chiffres. Alcaraz défend une montagne de points engrangés lors de la saison sur terre battue l'an passé, notamment ses titres à Barcelone et Roland-Garros. La moindre contre-performance dans les semaines à venir pourrait suffire à Sinner pour prendre les commandes.
L'Italien, de son côté, avance avec la régularité d'un métronome. Sa victoire écrasante contre Ugo Humbert (6-3, 6-0) au même stade du tournoi a envoyé un message clair : il est prêt à saisir la moindre ouverture. Sinner, qui n'a plus perdu un set en Masters 1000 depuis 26 manches consécutives, pourrait devenir numéro 1 mondial dès la fin du tournoi monégasque si les résultats tournent en sa faveur.
Mais la franchise d'Alcaraz ne doit pas être confondue avec de la résignation. L'Espagnol a précisé que la perte éventuelle du trône ne changerait rien à son approche : continuer à gagner des matches, des titres, et laisser le classement suivre. « Le classement, c'est des maths. Mon objectif, c'est de jouer mon meilleur tennis » a-t-il résumé.
Cette bataille au sommet entre Alcaraz et Sinner rappelle les grandes rivalités du passé. Federer-Nadal, Djokovic-Nadal : à chaque époque, le tennis a besoin de deux forces qui se poussent mutuellement vers le haut. À Monte-Carlo, les deux hommes sont dans la même moitié de tableau et pourraient se retrouver en demi-finale. Un choc qui pourrait bien décider du nouveau numéro 1 mondial.
La saison sur terre battue ne fait que commencer. Barcelone, Madrid, Rome et Roland-Garros dessineront le verdict final. Mais en admettant publiquement sa vulnérabilité, Alcaraz a peut-être posé le geste le plus fort : celui d'un champion qui n'a pas peur de la vérité.



