Le Court Philippe-Chatrier accueille cet après-midi l'une des finales les plus imprévisibles de l'histoire de Roland-Garros. Mirra Andreeva, 19 ans et huitième mondiale, affronte Maja Chwalińska, 24 ans, issue des qualifications et classée 114e à l'entame du tournoi. Coup d'envoi prévu à 15 heures sur le Central.
Les chiffres donnent le vertige. Andreeva, si elle soulève la Coupe Suzanne-Lenglen, deviendrait numéro 6 mondiale et prendrait la tête de la Race vers les WTA Finals. À 19 ans, elle serait la plus jeune lauréate à Paris depuis Iga Świątek en 2020. Son parcours vers cette finale a été d'une autorité remarquable : un seul set concédé en six matchs, avec notamment un 6-0, 6-3 infligé à Sorana Cîrstea en quart et un 6-1, 6-3 contre Marta Kostyuk en demi-finale.
De l'autre côté du filet, Chwalińska écrit un conte de fées que personne n'avait vu venir. Entrée par les qualifications, la Polonaise gauchère a enchaîné neuf victoires consécutives pour atteindre sa première finale majeure. Elle est la première qualifiée de l'histoire à disputer la finale de Roland-Garros, et seulement la deuxième de l'ère Open en Grand Chelem après à l'US Open 2021. Une victoire la propulserait au 14e rang mondial. Une défaite la placerait tout de même 21e, soit un bond de 93 places.
L'enjeu financier est à la mesure de l'événement : 2,8 millions d'euros pour la gagnante, 1,4 million pour la finaliste. Pour Chwalińska, qui a traversé une dépression sévère en 2021 et mis sa carrière entre parenthèses, ce simple accès à la finale représente déjà une renaissance sportive extraordinaire. "C'est la première fois que j'ai l'opportunité de jouer contre des joueuses de ce calibre," confiait-elle après sa demi-finale.
Andreeva, de son côté, refuse le statut de favorite. "Je mûris un peu plus à chaque match," déclarait la Russe après avoir écarté Kostyuk. Le tennis féminin tient son rendez-vous de la saison.


