Avant ce jeudi 28 mai, Juan Manuel Cerundolo n'avait jamais battu un joueur du top 10. Quelques heures plus tard, il avait terrassé le numéro 1 mondial. Portrait d'un joueur qui a attendu son heure.
Né le 15 novembre 2001 à Buenos Aires, Juan Manuel est le cadet de la fratrie Cerundolo. Son frère aîné Francisco, ancien 18e mondial, l'a précédé sur le circuit. En 2021, les deux frères avaient marqué les esprits en atteignant des finales ATP consécutives à Cordoba puis Buenos Aires, une première depuis les frères Zverev en 2017.
Mais si Francisco a rapidement intégré le top 30, Juan Manuel a emprunté un chemin plus sinueux. Son parcours s'est construit sur le circuit Challenger, où il a accumulé douze titres avec la patience d'un artisan. Son unique trophée ATP remonte à ses débuts : Cordoba 2021, remporté en tant que qualifié, un coup d'éclat qui annonçait déjà la couleur.
Classé 56e mondial au moment de son exploit parisien, avec un meilleur classement de 54e atteint en mai 2026 après un titre Challenger à Bordeaux, Cerundolo est un terrien dans l'âme. Sa couverture de terrain, sa capacité à prolonger les échanges et son mental d'acier ont fait la différence face à un Sinner diminué par la chaleur.
Ce qui frappe dans sa victoire sur le Philippe-Chatrier, c'est la lucidité. Mené deux sets à zéro et 1-5, n'importe quel joueur aurait baissé les bras. Cerundolo a fait l'inverse. Il a senti la faille physique de son adversaire et s'est engouffré dedans avec l'instinct d'un compétiteur forgé par des années de combats sur le circuit secondaire.
À 24 ans, il se retrouve au troisième tour d'un Grand Chelem avec un tableau grand ouvert devant lui. L'Argentine n'a plus eu de joueur en deuxième semaine à Roland-Garros depuis longtemps. Juan Manuel Cerundolo pourrait bien être celui qui relance la flamme.

