Il y a des trajectoires qui forcent le respect avant même d’avoir atteint leur sommet. Celle de João Fonseca appartient à cette catégorie. À 19 ans, le Brésilien vient d’enchaîner les éliminations de Novak Djokovic puis de Casper Ruud, double finaliste à Paris, pour se hisser en quarts de finale de Roland-Garros. Un parcours qui rappelle les grandes heures du tennis brésilien.
Fonseca est le premier joueur de son pays à atteindre ce stade du tournoi depuis Gustavo Kuerten, triple champion entre 1997 et 2001. La comparaison avec « Guga » est inévitable, mais Fonseca trace sa propre route. Son jeu repose sur une puissance de frappe exceptionnelle pour son âge, une capacité à varier les angles depuis le fond du court et un mental qui ne fléchit pas dans les moments chauds.
Son parcours à Paris raconte cette maturité précoce. Au troisième tour, il a éliminé Djokovic, 38 ans et vingt-quatre fois titré en Grand Chelem, en cinq sets. Un exploit qui aurait pu vider n’importe quel joueur émotionnellement. Fonseca, lui, est revenu deux jours plus tard pour dominer Ruud en quatre manches (7-5, 7-6(8), 5-7, 6-2) lors d’un match marqué par une intensité permanente et une polémique arbitrale dans le tie-break du deuxième set.
Le Brésilien a évoqué un déclic mental pour expliquer sa progression fulgurante cette saison. Vainqueur des Next Gen ATP Finals en 2025, il avait déjà montré des signes prometteurs. Mais passer du statut de jeune talent à celui de quart-de-finaliste en Grand Chelem représente un saut qualitatif considérable. « Ce n’est plus une question de potentiel, c’est une question de résultats », avait-il déclaré après sa victoire contre Djokovic.
Son prochain adversaire sera ou Rafael Jodar, selon le résultat de leur quart de finale. Quel que soit l’issue, Fonseca a déjà marqué ce Roland-Garros 2026 de son empreinte. Le Brésil, terre de football, retrouve un héros sur la terre battue parisienne. Et ce héros n’a que 19 ans.

