C'est l'affiche que tout Roland-Garros attend. Novak Djokovic, 39 ans, 24 titres du Grand Chelem, contre Joao Fonseca, 19 ans, 28e tête de série et prodige brésilien en pleine ascension. Leur premier affrontement aura lieu au troisième tour, probablement sur le court Philippe-Chatrier.
Djokovic a montré des signes contrastés au deuxième tour. Face au Français Valentin Royer, le Serbe a dominé les deux premières manches 6-3, 6-2 avant de se faire surprendre dans un troisième set accroché, perdu au tie-break 9 points à 7. Il a finalement repris le contrôle pour conclure 6-3 au quatrième, mais la rencontre a duré 3h28. À 39 ans, ces marathons laissent des traces, et la canicule parisienne n'arrange rien.
En face, Fonseca arrive galvanisé par un exploit retentissant. Mené deux sets à zéro par Dino Prizmic, le Brésilien a réalisé le premier retournement de situation de sa carrière, s'imposant 3-6, 4-6, 6-3, 6-1, 6-2. Une remontada spectaculaire portée par un coup droit dévastateur et une conversion de 6 balles de break sur 7 dans les trois derniers sets. Fonseca devient le premier Brésilien à atteindre le troisième tour à Roland-Garros deux saisons consécutives depuis Thomaz Bellucci en 2010-2011.
Le contraste entre les deux joueurs est saisissant. D'un côté, l'expérience ultime : Djokovic connaît le moindre recoin du Chatrier, où il a soulevé trois trophées. Son jeu de fond de court reste d'une solidité remarquable, sa lecture du jeu inégalée. De l'autre, l'insouciance de la jeunesse : Fonseca frappe fort, prend des risques et n'a rien à perdre. Son tennis offensif, mélange de puissance et d'audace, rappelle les premières années de Rafael Nadal à Paris, avec une énergie débordante que seule la vingtaine permet.
Djokovic a déjà observé Fonseca de près. Les deux se sont croisés en Coupe Davis à Athènes l'an dernier, et le Serbe sait ce que le Brésilien est capable de produire quand sa confiance est au sommet. La question sera physique autant que tactique : après 3h28 sous la chaleur, Djokovic aura-t-il les jambes pour contenir la puissance de Fonseca sur une surface lente qui favorise les échanges longs ?


